Le netlinking a longtemps été l’un des piliers du référencement naturel. Mais avec l’émergence du GEO (Generative Engine Optimization) et l’arrivée de ChatGPT, Perplexity, Gemini et autres moteurs dopés à l’IA, les règles du jeu évoluent. Faut-il pour autant jeter toute sa stratégie de liens à la poubelle ? Pas vraiment. Mais il est temps d’ajuster la recette.
GEO : c’est quoi cette tambouille ?
Le SEO traditionnel visait à convaincre les algorithmes de Google qu’une page méritait sa place dans les résultats de recherche. Le GEO, lui, cherche à faire en sorte que votre contenu soit cité, synthétisé et recommandé par les IA génératives lorsqu’elles répondent aux questions des utilisateurs.
La différence majeure ? Les moteurs de recherche classiques vous affichent dans une liste de résultats. Les IA génératives vous digèrent, vous reformulent, et parfois vous citent… ou pas. L’objectif n’est plus seulement d’être bien positionné, mais d’être la source de référence que l’IA choisit d’utiliser.

Dans ce nouveau contexte, le netlinking conserve son importance, mais son rôle se transforme :
- L’autorité thématique devient cruciale : un lien depuis un site faisant autorité dans votre domaine signale aux IA que votre contenu est fiable
- La pertinence contextuelle prime : les liens doivent s’inscrire dans un écosystème sémantique cohérent
- La fraîcheur des contenus liés : les IA valorisent les sources récentes et mises à jour
Le netlinking aux petits oignons pour le GEO
1. Repenser la stratégie d’ancres
L’ancre de lien reste importante, mais l’approche change. Oubliez les ancres sur-optimisées du type “avocat divorce Paris 16ème”. Les IA détectent ces patterns artificiels, donc n’en faites pas des tartines !
Privilégiez plutôt :
- Des ancres naturelles et contextuelles : “selon cette analyse récente” ou “comme l’explique cet expert”
- Des variations sémantiques : si votre article porte sur le marketing digital, utilisez des ancres comme “stratégies numériques”, “marketing en ligne”, “approches digitales”
- Des ancres informationnelles : “découvrir l’étude complète”, “voir les résultats détaillés”
L’objectif est de créer des liens que l’IA percevra comme des recommandations légitimes entre contenus complémentaires, et non comme des tentatives de manipulation.
2. Construire des articles sponsorisés qui apportent de la valeur
Les articles sponsorisés low-cost bourrés de liens sont contre-productifs dans l’ère du GEO. Les IA analysent la qualité globale du contenu et son intégration naturelle.
Article sponso optimisé GEO, les bons ingrédients :
- Introduction contextualisée (150-200 mots) : posez une problématique réelle que votre audience rencontre. Pas de lien ici.
- Développement avec expertise (800-1200 mots) : apportez de vraies informations, des données, des exemples concrets. C’est dans cette partie que vos liens doivent s’intégrer naturellement, comme des ressources complémentaires pertinentes.
- Contenu actionnable : incluez des conseils pratiques, des checklists, des étapes concrètes. Les IA valorisent les contenus qui aident réellement les utilisateurs.
- Liens stratégiques (2-3 maximum) : placez vos liens là où ils apportent vraiment un complément d’information. Un lien doit répondre à une question implicite du lecteur : “comment faire ?”, “où trouver plus de détails ?”, “qui propose cette solution ?”.
- Conclusion avec ouverture : résumez les points clés et ouvrez sur d’autres perspectives. Un lien naturel peut s’insérer ici vers une ressource approfondie.
3. Privilégier la profondeur à la quantité
Dans le netlinking traditionnel, on cherchait souvent le volume : 50 backlinks valent mieux que 10. Pour le GEO, l’équation s’inverse carrément.
Mieux vaut :
- 10 liens depuis des contenus fouillés de 2000+ mots sur des sites d’autorité
- Que 50 liens depuis des articles creux de 400 mots sur des plateformes de faible qualité
Les IA privilégient les sources qui démontrent une expertise approfondie. Donc on met les petits plats dans les grands ! Un lien depuis un article de référence qui fait 3000 mots et traite exhaustivement un sujet aura infiniment plus de valeur qu’un lien depuis un texte superficiel.
4. Miser sur l’E-E-A-T (mais vraiment)
Google parle d’E-E-A-T (Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness) depuis des années. Avec les IA, ça ne compte pas pour du beurre…
Concrètement pour le netlinking :
- Privilégiez les liens depuis des contenus signés par des auteurs identifiables avec une vraie expertise
- Ciblez des sites qui démontrent leur crédibilité (mentions légales complètes, équipe identifiée, sources citées)
- Évitez les fermes de contenu et les réseaux de sites interconnectés de manière artificielle

Les IA comme ChatGPT ou Claude sont entraînées à évaluer la fiabilité des sources. Si vous obtenez un lien depuis un site douteux, cela risque de tourner au vinaigre…
5. Intégrer la dimension conversationnelle
Les requêtes formulées aux IA sont souvent plus longues et naturelles que les recherches Google : “Comment améliorer mon référencement local si j’ai un petit budget ?” plutôt que “SEO local pas cher”.
Adaptez votre stratégie de netlinking :
- Créez et obtenez des liens depuis des contenus qui répondent à des questions précises
- Structurez les contenus liés en FAQ ou en format Q&A
- Utilisez des headers explicites (H2, H3) qui reprennent les questions que se posent les utilisateurs
Les IA scannent ces structures pour extraire les informations pertinentes. Un contenu bien organisé avec des questions claires augmente vos chances d’être cité plutôt qu’un texte qui arrive comme un cheveu sur la soupe.
Les erreurs à éviter pour ne pas être dans le pétrin
- Le recyclage de vieilles tactiques : les commentaires de blog avec lien, les annuaires de mauvaise qualité, les échanges de liens croisés détectables. Les IA repèrent ces schémas.
- Le contenu généré massivement par IA : ironiquement, utiliser ChatGPT pour produire 100 articles sponsorisés génériques est la pire idée. Les IA détectent le contenu généré par IA (et Google aussi). Privilégiez toujours le fait maison !

- Ignorer la cohérence thématique : un lien depuis un blog culinaire vers votre site de consulting en cybersécurité ne passera pas. Les IA analysent la pertinence contextuelle avec une finesse redoutable.
- Négliger la mise à jour : un lien depuis un article de 2018 jamais actualisé perd de sa valeur. Les IA favorisent les sources fraîches et maintenues.
En pratique : comment faire monter la mayonnaise ?
- Auditez vos backlinks existants : identifiez ceux qui proviennent de contenus faibles ou hors-sujet. Envisagez de les désavouer s’ils sont vraiment problématiques.
- Ciblez 5-10 sites d’autorité dans votre thématique : préférez la qualité extrême à la quantité. Proposez-leur du contenu expert et non un article sponso rédigé en deux coups de cuillères à pot.
- Créez des ressources “linkables” : études de cas, données originales, guides exhaustifs. Le contenu qui mérite naturellement d’être cité.
- Testez et mesurez : utilisez directement ChatGPT, Perplexity ou Claude avec des requêtes liées à votre thématique. Votre site apparaît-il dans les réponses ? Est-il cité comme source ?
- Pensez long terme : le GEO récompense la constance et l’autorité construite dans la durée, pas les coups tactiques.
Le netlinking n’est pas à mettre au placard !
On passe d’une logique de manipulation algorithmique à une stratégie de construction d’autorité légitime. Les liens restent essentiels, mais ils doivent désormais s’inscrire dans un écosystème de contenu de qualité, pertinent et utile. En bref, un contenu qui ne raconte pas des salades !
La bonne nouvelle ? Cette évolution favorise ceux qui ont toujours fait les choses correctement : créer du contenu de valeur, construire des relations authentiques, apporter une vraie expertise. Les raccourcis disparaissent, l’excellence émerge.
Et ça, finalement, c’est plutôt une bonne nouvelle pour l’écosystème digital dans son ensemble.